Accueil du site > Actualités > Et si l’Etat français vendait ses Forêts ?

Tous les massifs forestiers appartenant à l’Etat présentent des caractéristiques et des enjeux très variables, depuis les forêts de protection en montagne ou sur zones littorales, jusqu’aux Forêts périurbaines où la fonction sociale prédomine, reléguant dans ces deux cas à un plan très secondaire, le rôle de production de l’écosystème Forêt. Il existe pour ces Forêts une forte valeur de convenance pour services rendus à la Collectivité (valeur aménitaire), inversement proportionnelle à la valeur de production, conditionnant donc une valeur vénale faible voire nulle. Quel investisseur pourrait s’intéresser à un tel patrimoine générant une rentabilité négative, c’est-à-dire des charges sans espoir de recettes ? La vente de ces Forêts n’aurait donc pas d’intérêt économique pour le budget de l’Etat.

La vente des massifs à vocation principale (mais bien entendu non exclusive) de production pourrait certainement s’étudier, gageons que des acquéreurs potentiels se manifesteraient, même si, comme cela serait évidemment souhaitable, un conventionnement strict entre l’Etat et le nouvel acquéreur pourrait être mise en place, définissant notamment :
- les modalités de fréquentation par le Public,
- les modalités de gestion des habitats remarquables lorsqu’il en existe,
- les engagements de conservation éventuels, Le tout en respect des principes de gestion durable s’appliquant déjà aux Forêts des Collectivités et aux Forêts privées. Dans ce cas, le rôle de l’établissement public en charge de la mise en œuvre du régime forestier serait recentré sur des missions régaliennes principalement de contrôle des modalités du conventionnement entre l’Etat et ces nouveaux propriétaires de droit privé, et sur ses missions de gestion des Forêts de protection et des Forêts périurbaines.

Bien entendu l’aboutissement d’un tel projet ne peut s’organiser que dans le cadre d’une large concertation, associant les usagers et les organisations professionnelles, mais à un moment où s’envisage la vente de monuments historiques tel l’Hôtel de la Marine, pourquoi s’interdire une réflexion sur le patrimoine forestier national dès lors que la sécurité des populations et des biens n’est pas remise en cause (forêts de protection) et que leur bien être est préservé grâce à la gestion et la conservation des Forêts périurbaines. Il n’a à ce jour pas été démontré que les Forêts privées étaient moins bien gérées que les Forêts soumises au régime forestier, alors pourquoi pas ?


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